[Interview]: Apprendre le chinois, la méthode CRAMPE

Cédric BEAUJ’interviewe aujourd’hui Cédric BEAU, le créateur de la méthode CRAMPE. Une formation complète, originale et surtout efficace pour effectuer vos premiers pas en mandarin.

Cédric anime également un blog, du-chinois.com, sur lequel il donne des conseils utiles pour progresser plus rapidement (vous  y apprendrez notamment comment éviter de dire: « je veux un verre de sang » au lieu de « je veux un verre d’eau » !)

1. A quel âge as-tu commencé l’apprentissage de la langue chinoise ? Combien de temps as-tu étudié ? Pourquoi la Chine ?

J’ai commencé à m’intéresser au chinois et à la culture chinoise lors que j’avais 6 ou 7 ans. Mon oncle et parrain était Ingénieur et il voyageait beaucoup en Asie. Le genre de personnes qui fait rêver…

J’ai voulu me mettre au japonais tout seul, mais l’utilisation de 4 alphabets et une grammaire complexe m’on rapidement rebuté. J’ai alors découvert une langue moins difficile qu’on ne le croit : le chinois.

Une opportunité s’est présentée pour aller passer un mois en université chinoise en Chine, l’université de Fudan à Shanghai. J’en reparlerai plus loin dans l’interview que tu me propose pour ne pas me répéter.

J’ai donc pris mon courage à deux mains, un sac à dos et une valise presque vide. Armé de quelques adresses et numéros “au cas où”, me voila parti à l’aventure comme beaucoup rêvent de le faire.

A mon retour, je décidais de prendre des cours en LV3 à l’univesité et de faire un DUFL de chinois en parralèle. La méthode en DUFL me rebuta rapidement, et le prof en LV3 ne parlait pas bien français (c’était en fait un chinois qui tenait un magasin de maroquinerie à côté de l’université… Pas terrible en tant que pédagogue…)

Déçu, je me décidais alors à retourner en Chine. Un programme d’été intensif, suivi d’une inscription “long terme” en intensif. J’y restais 2 ans.

Mais ce n’est pas uniquement l’université chinoise qui me forma. En parrallèle je rencontrais sur place une amie, qui devint une petite amie, et qui est désormais ma vénérable épouse et la mère de mon petit bout de chou.

Elle était aussi pédagogue que certains “bons” professeurs, et m’aida à trouver énormément d’astuces pour la prononciation.

Les caractères à apprendre par coeur, cela me décevait de la part d’une université chinoise. Fainéant intelligent, je mettais moi même au point une méthode basée sur l’étymologie et des astuces de mémorisation pour travailler moins, et travailler mieux (sur les conseils d’un prof d’économie en seconde, le vénérable Mr Boucly)

Et je ne me suis jamais arrêté d’apprendre, ni d’améliorer mes méthodes.

2. Je sais que tu as créé une méthode innovante pour l’apprentissage de cette langue. Quels problèmes résout exactement cette méthode ?

Pour ne pas me répéter avec mon “histoire”, je dirais que les problèmes que je résouds avec ma méthode, sont les problèmes que n’importe qui peut rencontrer en se mettant en chinois :

  • L’apprentissage de la prononciation et des tons
  • La mémorisation des caractères
  • L’aisance à l’oral.

Je me suis en fait basé sur des “tests” de ma méthode avec des dizaines d’adultes, un peu plus de 200 lycéens et une trentaine de collégiens

Parce qu’une méthode pour une personne n’est pas une méthode. Mais une méthode efficace pour un maximum de personnes, ça c’est révolutionnaire.

Et plutôt que de me baser sur ce que je pensais être bon pour les apprenants, j’ai fonctionné par évaluations, mais aussi questionnaires satisfaction. Un énorme travail !

3. Je viens de découvrir la Chine et souhaite commencer apprendre à parler. Que dois-je faire en premier lieu ?

Dans un premier lieu, je ne recommanderais pas de se lancer dans la prononciation, ni de se lancer dans l’apprentissage des premiers caractères, mais plutôt de comprendre comment fonctionnent les chinois. Comment les caractères sont nés et pourquoi.

La langue est en effet le reflet de la pensée, l’abstraction pour nous autres occidentaux, et le concret avec une langue faite de “dessins” pour les chinois.

Ceci étant fait, et juste après, j’attaquerai une bonne méthode avec un “bon” prof, comme on les appelle.

Le temps des “c’est un chinois, il fera un bon prof de chinois” est révolu. Auriez vu pu une seconde voir n’importe qui en tant que prof de français? Non. C’est pareil.

4. Quel est selon toi la plus grosse difficulté pour un apprenant français ?

La plus grosse difficulté pour un apprenant français ? Avec des phonèmes proches de notre langue, et une absence quasi totale de grammaire (pas de singulier, pluriel, masculin, féminin, conjugaisons, déclinaisons…), je dirais qu’il n’y en a pas vraiment de ce côté.

La plus grosse difficulté serait peut être de changer ses habitudes de travail. On aime être “occupé”, et l’on a pas l’habitude de travailler peu et mieux, avec 15 minutes par jour. On veut en faire plus, on veut réviser trop, et au final on perd du temps et on est contre productif.

Le plus dur pour un français, c’est de se dire “je vais en faire moins, je serai plus efficace et j’apprendrai mieux”!

5. La question m’est souvent posé par les participants aux formations Kung fu Tradition. Je te la pose à mon tour: est-ce vraiment insurmontable d’apprendre à lire et écrire en chinois ?

J’aurais du inviter un collégien ou un lycéen à répondre à ma place ! Ou même un membre de la formation, certains ont plus de 80 ans! Si un enfant de 12 ans et un adulte de 80 peuvent arriver à comprendre l’essence d’un texte en quelques mois, alors non, ce n’est pas insurmontable.

Ils disent même “boarf, c’est facile”!

6. D’une façon plus générale, quels sont les avantages réels à apprendre une telle langue en 2012 ?

Ils sont multiples, et dépendent de chacun. Pour les jeunes, c’est un énorme plus pour leur futur CV. Pour les moins jeunes, c’est une manière de sécuriser leur emploi ou d’en viser un meilleur (peu importe leur domaine d’activité), pour les encore moins jeunes, c’est un moyen d’optimiser leur mémoire et leur ouverture d’esprit.

Les avantages sont multiples, et il suffit d’allumer sa télé pour entendre parler de la Chine et en trouver de nouveaux.

7. A ton avis, est-il important de rejoindre une université en Chine pour compléter son apprentissage ?

Selon moi, l’immersion dans le pays est le meilleur complément à une méthode de chinois. Aller se perfectionner en université est une excellente opportunité.

Je l’ai d’ailleurs recommandé à mon meilleur ami Sylvain, qui est parti à l’université en Chine en février, avec deux livres de chinois sous un bras, un ordinateur portable avec ma méthode sous l’autre.

C’est effectivement que je le juge important.

8. Un dernier mot en chinois ?

旁门左道. Faire la même chose que tout le monde n’est pas forcément la meilleure solution. Quand les entrées sont bouchées, passez par la petite porte et accélerez les choses. Lancez vous maintenant!

“Vous n’avez pas besoin d’une vie pour changer votre destinée, 旁门左道”

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